2016 RECAP / JUILLET : Quand Damso débutait et Schoolboy Q confirmait

2016 RECAP / JUILLET : Quand Damso débutait et Schoolboy Q confirmait

Voici venu le sixième épisode de « 2016 Recap », récapitulatif d’une année 2016 productive et riche en surprises et projets musicaux de qualité. Une année 2016 autant quantitative que qualitative.
Le concept de « 2016 Recap » ? Revenir sur les albums ou tapes qui nous ont marqué durant l’année civile. Vous aurez nos coups de cœur et des projets à écouter ou réécouter. Vous pourrez ainsi turn’ up de manière inconsciente et attendre 2017 en toute tranquillité. De rien.

À l’aube de l’été, le tant attendu premier album de l’artiste bruxellois Damso débarque comme une bombe d’ingéniosité. Batterie faible annonce fièrement l’arrivée d’une future grande figure du rap francophone. Il faudra à l’avenir compter sur le talentueux Damso. Bien que ce soit seulement son deuxième projet perso, il avait lâché la tape Salle d’attente en 2014, maturité et maîtrise se dégagent de Batterie Faible. Le nom donné à l’opus est d’ailleurs paradoxal face à l’attitude du rappeur belge tant il a de l’énergie à revendre. Découvert par le grand public grâce au morceau Pinocchio présent dans le dernier album de Booba, Nero Nemesis, il s’est entièrement consacré à cet album en passant jour et nuit au studio afin de donner le meilleur de lui-même. Et le résultat recherché est bien là. On ressent dès la première écoute que Batterie Faible a été réalisé avec de la sueur. Beaucoup de sueur. Le travail est sincère et Damso n’a pas chômé pour nous pondre l’une des pépites du Rap FR en 2016. Le projet, entièrement mixé et enregistré par son acolyte De La Fuentes, propose perle sur perle. Les très réussis Débrouillard, énorme banger, BruxellesVie, véritable hymne de la capitale belge et Autotune, sublime titre dont nous devons l’aérienne prod’ aux Twinsmatic, font bien évidemment partis de la tracklist. Vous l’aurez compris, Damso a tout pour devenir un protagoniste important, si ce n’est déjà le cas, de la scène du rap francophone. Et peut-être plus encore. Dans une insatiable quête de la perfection, l’artiste ne se crée pas de barrières et viserait à élargir son spectre musical. C’est bien tout le mal qu’on lui souhaite.

 

 

Le même jour mais cette fois aux States c’est un artiste confirmé qui s’illustre. Schoolboy Q dévoile Blank Face LP, suscitant une attente insoutenable. Comme quoi, le 8 juillet 2016 devait être un jour béni. Après avoir placé la barre très haut, vraiment très haut, à la limite de la stratosphère, avec son premier album Oxymoron, Schoolboy se devait de donner une suite à la hauteur. Il signe son retour l’été dernier avec un opus de qualité et répondant parfaitement aux attentes et aux plus réticents. Blank Face LP tabasse et oppresse. Totalement à l’image de l’enfant de LA, l’album est gangsta à souhait. Schoolboy Q débite son flow le plus efficace sur des prods plus expérimentales les unes que les autres. Les ambiances rejoignent parfois celles de Danny Brown, parfois celles de son poto Ab-Soul, parfois celles de Vince Staples, mais l’atmosphère générale émanant de Blank Face LP est fidèle à son auteur. Elle prend aux tripes et violente son auditeur. On est pris à partie et nous nous retrouvons embarqués dans un incroyable périple. Les deux morceaux phares de l’album, le fabuleux et percutant That Part avec comme invité Kanye ( s’il vous plaît ) et l’ardent double-morceau Groovy Tony / Eddie Kane, en sont sûrement les illustrations les plus frappantes. Blank Face LP abrite également le chef-d’œoeuvre Dope Dealer. Sur une prod fantastique de Metro Boomin – qui d’autre ?- le rappeur membre de Black Hippy crache le feu en compagnie de E-40. Schoolboy confirme donc les espérances et efface les doutes – y en a-t-il vraiment eu ? – provoqués par Oxymoron. TDE Power ! Épisode précédent

© Tawfik Akachar

Posté le 2/01/17 / 5689 vues / Par Osain Vichi